Papesses..le retour

Finalement, grâce à un heureux hasard, j'ai vu "l'Exposition", celle que je vous conseillais en juillet : Les Papesses en Avignon.

Et maintenant que je l'ai vue, c'est en pleine connaissance que je peux vous dire : Allez-y..., allez-y absolument. C'est une occasion de rencontrer 5 artistes, 5 femmes et 5 magiciennes qui peuvent changer votre regard sur la vie.

100 ans séparent la naissance l'ainée Camille et de la cadette Berlinde - 100 ans durant lesquels la vie des femmes a connu une évolution accélérée. 

Et  pourtant : Camille née en 1864, femme libre et entière dans un temps ou cela ne se faisait pas. Ses quelques années de liberté et de création payées par 30 ans d'enfermement au pain de misère, et finalement morte de faim, déposée dans la fosse commune, oubliée...

Berlinde, née en 1964 ayant grandi entre la boucherie paternelle et le pensionnat chez des religieuses.

Des temps différents, et pourtant encore très proches : Enfermements, chairs meurtries, sensibilités vibrantes, et un courage immense. Car affronter la matière, et s'y colleter totalement pour lui donner forme et sens.... entrer dans sa "vérité" pour en ramener une oeuvre, oui, cela demande courage et détermination sans failles.

Mon regard sur cette, ou plutôt ces expositions puisqu'il y a 2 espaces : Le Palais des Papes, et l'espace Lambert : La surprise de découvrir combien ces oeuvres se répondent, formant comme un chant choral, où chacune des 5 artistes chante sa partie : de la petite fille à la vieille femme, le lien à la vie, à l'enfance, au monde de la "chair", à celui des contes des animaux et finalement à la dimension cosmique de l'univers.

Une exposition tellement riche, qu'une journée ne suffit pas, je compte bien d'ailleurs y retourner avant la fin le 11 novembre. Je vous rappelle qu'avec le TGV Avignon c'est à 2H30 de Paris ;-)

Ici, j'ai envie de parler de celle qui a été ma "découverte" : Berlinde de Bruyckère. Je ne connaissais pas son travail, et mieux (ou pire) ce que j'en avais vu sur internet ne m’intéressait pas. Je supposais un désir de choquer, un goût pour le malsain et le funèbre, enfin quoi un genre "d'épate" par le laid.

Et bien, cela m'apprendra à avoir des a-priori.

Il y a un monde entre la reproduction photo et l’œuvre elle même. Certes, la première approche est rebutante, les formes à distance provoquent à la fois répulsion et attirance, mais............. lorsque que l'on s'approche, c'est la délicatesse de l’œuvre, une sorte de sensualité lumineuse qui en irradie, et en même temps une grande force qui s'impose. Avec Berlinde, la "chair n'est pas triste", elle est fragile, mortelle, mais belle. "We are all flesh" : C'est le titre de l'une des œuvres présentée, mais ce pourrait être le titre de chacune.

 Voilà donc mon petit compte-rendu du jour, et je vous assure en avoir ramené de quoi me nourrir pour des années.

 En illustration, 2 des tapisseries réalisées sur des carton de Kiki Smith : Eve, et "Le loup" avec en détail ses extraordinaires arbres à regards.




 Camille Claudel : La petite Châtelaine


 


 Jana Sterbak : Le lit en pain


Berlinde de Bruyckere


Commentaires

  1. Quelle belle invitation que ces papesses qui répondent très bien à mes maîtres de la renaissances, croisés à Florence cet été et comme c'est bon de se nourrir de leurs mondes ! Merci pour ces découvertes.
    Pascale

    RépondreSupprimer
  2. Et bien moi Pascale, je suis ravie de vous l'avoir conseillée et puis d'avoir pu la découvrir moi-même :-D et ensuite de partager ici bien sûr.

    Je te souhaite plein d'énergie pour la rentrée et à bientôt

    Claudine

    RépondreSupprimer

Enregistrer un commentaire

Articles les plus consultés